Rôle et missions du CSE : le guide complet 2026

Représenter ses collègues devant la direction, être consulté sur la stratégie de l’entreprise, alerter en cas de harcèlement d’un salarié, gérer les chèques-vacances : le Comité Social et Économique (CSE) intervient sur un périmètre aussi large que stratégique. Que vous soyez RH, élu ou candidat aux prochaines élections, comprendre son rôle et ses missions est essentiel pour faire vivre le dialogue social.

Obligatoire dans toutes les entreprises d’au moins 11 salariés, ses attributions s’élargissent fortement à partir de 50 salariés. Ses missions varient selon l’effectif, mais son rôle reste le même : porter la voix des salariés et participer aux décisions qui les concernent.

Missions selon la taille de l’entreprise, composition, fonctionnement, moyens d’action : voici ce qu’il faut savoir sur le CSE en 2026.

1. Quelles sont les missions du CSE dans les entreprises de 11 à 49 salariés ?

Dans les entreprises dont l’effectif est compris entre 11 et 49 salariés, les attributions du CSE sont définies à l’article L. 2312-5 du Code du travail.

Elles sont resserrées par rapport au CSE des entreprises plus importantes : pas de consultations récurrentes, pas d’expert, pas de gestion des activités sociales et culturelles, pas de personnalité civile. Les élus du personnel y exercent principalement trois missions.

Présenter les réclamations des salariés à l’employeur

Le rôle des élus est de dialoguer avec les salariés et de présenter à l’employeur :

leurs réclamations individuelles ou collectives relatives aux salaires, à l’application du Code du travail, aux autres dispositions légales, notamment en matière de protection sociale, aux conventions et accords applicables dans l’entreprise (article L. 2312-5).

Concrètement, il s’agit de faire respecter les droits dont bénéficient les salariés au titre de la loi, de la convention collective ou des accords d’entreprise.

💡 REMARQUE

En pratique, les réclamations peuvent porter sur une erreur récurrente sur les fiches de paie, une prime non versée, le non-respect des temps de pause ou de la durée maximale du travail, etc.

Saisir l’inspection du travail en cas de blocage

Indépendamment de la présentation des réclamations à l’employeur, les membres du CSE peuvent saisir directement l’inspection du travail de toutes les plaintes et observations relatives à l’application des textes légaux et réglementaires dont elle est chargée d’assurer le contrôle (C. trav., art. L. 2312-5).

Cette saisine couvre aussi bien les questions d’application du droit du travail (durée du travail, salaires, congés) que les questions de santé et de sécurité, et intervient souvent après un manquement répété resté sans réponse de la direction.

Veiller à la santé, à la sécurité et aux conditions de travail

Le CSE a également pour mission de contribuer à promouvoir la santé, la sécurité et l’amélioration des conditions de travail des salariés.

Concrètement, les membres du CSE peuvent réaliser des enquêtes en matière d’accidents du travail ou de maladies professionnelles et consulter la liste des actions de prévention envisagées par l’employeur (C. trav., art. L. 4121-3-1).

Si les élus constatent une situation grave, ils peuvent exercer deux droits d’alerte essentiels :

2. Quelles sont les missions du CSE dans les entreprises de 50 salariés ou plus ?

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE conserve l’ensemble des missions exercées dans les structures plus petites et y ajoute un véritable rôle économique et social (C. trav., art. L. 2312-8).

Les consultations ponctuelles sur les projets de l’entreprise

Le CSE est informé et consulté par l’employeur sur toutes les questions intéressant l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise (C. trav., art. L. 2312-8). Sont notamment visés :

  • les mesures affectant le volume ou la structure des effectifs : recrutements importants, suppressions de postes ;
  • la modification de l’organisation économique ou juridique de l’entreprise : fusion, cession, restructuration ;
  • les conditions d’emploi et de travail, dont la durée du travail et la formation professionnelle ;
  • l’introduction de nouvelles technologies ou tout aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou de travail : déploiement d’un outil d’IA, généralisation du télétravail ;
  • les mesures en faveur des travailleurs handicapés et des accidentés du travail ;
  • les conséquences environnementales de l’ensemble de ces décisions.

Les trois consultations récurrentes obligatoires

Indépendamment des projets ponctuels, l’employeur doit consulter le CSE chaque année (ou selon la périodicité prévue par accord, dans la limite de trois ans) sur trois grands thèmes (C. trav., art. L. 2312-17) :

⚠️ IMPORTANT

Pour exercer pleinement ses attributions, le CSE peut recourir à un expert : un expert-comptable dans le cadre des consultations récurrentes, un expert habilité en cas de projet important ou de risque grave en matière de santé et de sécurité, ou un expert libre à la charge du CSE (C. trav., art. L. 2315-87 et suivants).

Le rôle renforcé en santé, sécurité et conditions de travail

À partir de 50 salariés, le CSE exerce des attributions élargies en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) définies à l’article L. 2312-9 du Code du travail. Il doit notamment :

  • procéder à l’analyse des risques professionnels auxquels peuvent être exposés les travailleurs ;
  • contribuer à l’accès et au maintien dans l’emploi des personnes handicapées ;
  • proposer des actions de prévention du harcèlement moral, du harcèlement sexuel et des agissements sexistes.

Dans les entreprises d’au moins 300 salariés, une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) est obligatoirement constituée au sein du CSE. Elle reçoit, par délégation du comité, tout ou partie de ses attributions en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail (C. trav., art. L. 2315-36 et suivants).

La gestion des activités sociales et culturelles

À partir de 50 salariés, le CSE assure, contrôle ou participe à la gestion des activités sociales et culturelles (ASC) destinées aux salariés, à leur famille et aux stagiaires (C. trav., art. L. 2312-78). Ce volet, très visible pour les salariés, recouvre les chèques-vacances, la billetterie (cinéma, spectacles), les arbres de Noël, les voyages, les aides aux loisirs, etc. (C. trav., art. R. 2312-35).

Pour financer son fonctionnement et ses ASC, le CSE dispose de deux budgets distincts, qui ne peuvent être confondus :

le budget de fonctionnement, fixé par la loi à 0,20 % de la masse salariale brute, et à 0,22 % à partir de 2 000 salariés (C. trav., art. L. 2315-61) ;

le budget des ASC, fixé par accord d’entreprise. À défaut d’accord, le rapport de la contribution employeur à la masse salariale brute ne peut être inférieur à celui de l’année précédente (C. trav., art. L. 2312-81).

3. Qui sont les membres du CSE ?

Pour exercer ses missions, le CSE s’appuie sur une composition encadrée par le Code du travail. Tour d’horizon des rôles de chacun.

Le rôle du président du CSE

Le CSE est présidé par l’employeur qui peut se faire représenter (le plus souvent par le DRH).

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, il peut être assisté de trois collaborateurs maximum, à voix consultative (C. trav., art. L. 2315-23). Il convoque les réunions et co-arrête l’ordre du jour avec le secrétaire (C. trav., art. L. 2315-29).

Il ne vote pas sur les avis rendus à l’employeur. En revanche, il prend part aux votes lorsque le CSE délibère sur ses décisions internes (exemple : adoption du règlement intérieur du CSE).

👉 POUR ALLER PLUS LOIN

Pour aller plus loin, consultez notre article de blog sur « Qui peut être président du CSE ? »

Le rôle des élus du personnel : titulaires et suppléants

Les membres de la délégation du personnel du CSE sont élus au scrutin de liste à deux tours pour une durée de quatre ans (C. trav., art. L. 2314-33).

La délégation comporte un nombre égal de titulaires et de suppléants. Le nombre d’élus et le crédit d’heures de délégation varient selon l’effectif de l’entreprise (C. trav., art. R. 2314-1).

Les rôles du trésorier et du secrétaire

Les titulaires siègent aux réunions et votent les avis et résolutions. Les suppléants assistent aux réunions en l’absence du titulaire qu’ils remplacent (C. trav., art. L. 2314-1), sauf accord d’entreprise plus favorable.

Le secrétaire et le trésorier : les rôles clés du CSE

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE désigne, lors de sa première réunion, un secrétaire et un trésorier parmi ses membres titulaires (C. trav., art. L. 2315-23).

Le secrétaire co-arrête l’ordre du jour avec le président (C. trav., art. L. 2315-29) et rédige les procès-verbaux des réunions (C. trav., art. L. 2315-34). C’est le pivot du fonctionnement de l’instance.

Le trésorier gère les deux budgets distincts du CSE (fonctionnement et ASC), tient la comptabilité de l’instance et présente le rapport financier annuel.

Le rôle du représentant syndical

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, chaque organisation syndicale représentative est représentée au CSE par un représentant syndical (RS), selon des modalités qui varient avec l’effectif :

Il assiste aux réunions et y exprime la position de son organisation syndicale, mais sa voix est consultative : il ne participe pas aux votes sur les avis et résolutions du CSE.

4. Quels sont les moyens d’action du CSE ?

Les heures de délégation

Les heures de délégation correspondent au temps que l’employeur doit accorder aux élus du CSE pour exercer leurs fonctions pendant le temps de travail, sans perte de rémunération.

Ce crédit d’heures est individuel, mensuel, et son volume dépend de l’effectif de l’entreprise : au minimum 10 heures par mois par titulaire dans les entreprises de moins de 50 salariés, et 16 heures dans celles de 50 salariés et plus. Les suppléants n’en bénéficient pas, sauf lorsqu’ils remplacent un titulaire absent. Les titulaires peuvent reporter leurs heures sur les mois suivants (dans la limite de 12 mois) ou les répartir entre eux.

👉 POUR ALLER PLUS LOIN

Pour aller plus loin, consultez notre article de blog sur le nombre de sièges et les heures de délégation du CSE.

Les deux budgets : fonctionnement et activités sociales

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le CSE bénéficie de deux budgets distincts, calculés sur la masse salariale brute :

  • Le budget de fonctionnement finance les missions de représentation du personnel (frais courants, expertises, formations).
  • Le budget des activités sociales et culturelles (ASC) est, lui, dédié aux prestations destinées aux salariés : chèques-vacances, billetterie, événements…

À noter : dans les entreprises de moins de 50 salariés, le CSE ne dispose pas de budget propre, l’employeur devant simplement mettre à disposition un local et le matériel nécessaire.

👉 POUR ALLER PLUS LOIN

Pour aller plus loin, consultez notre article de blog sur le budget du CSE : règles, calcul et utilisation.

La formation des élus

Pour exercer pleinement leurs missions, les élus du CSE ont accès à plusieurs formations, dont deux principales prévues par le Code du travail.

La formation santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) est ouverte à tous les élus (titulaires et suppléants), pour une durée minimale de 5 jours en premier mandat et 3 jours en renouvellement. Son coût est pris en charge par l’employeur. La formation économique, d’une durée maximale de 5 jours, ne concerne que les titulaires des entreprises de 50 salariés et plus, et est financée par le budget de fonctionnement du CSE.

D’autres formations facultatives existent (référent harcèlement, président du CSE, rôle du bureau…).

Il existe pour tout salarié élu ou non, un congé de formation économique sociale et environnementale ou de formation syndicale (CFEFES) (C. trav., art. L. 2145- 5).

👉 POUR ALLER PLUS LOIN

Pour aller plus loin, consultez notre article de blog sur les formations obligatoires et facultatives pour les élus du CSE.

Le droit d’alerte

Le droit d’alerte du Comité Social et Economique (CSE) fait partie de ses attributions, il est mis en place afin d’avertir l’employeur de situations dangereuses ou préoccupantes dans l’entreprise.

Il existe plusieurs droits d’alerte tel que le droit d’alerte du CSE en cas de danger grave et imminent et le droit d’alerte du CSE en cas d’atteinte aux droits des personnes.

FAQ – Les questions fréquentes sur le rôle et les missions du CSE

1. Quel est le rôle principal du CSE en entreprise ?

Le rôle du CSE est d’assurer l’expression collective des salariés. Il porte leurs réclamations, contribue à promouvoir la santé et la sécurité au travail, peut exercer des droits d’alerte et, dans les entreprises d’au moins 50 salariés, il est consulté sur les grandes décisions économiques et sociales. Les missions du CSE sont définies aux articles L. 2312-5 et L. 2312-8 du Code du travail.

2. À partir de combien de salariés le CSE est-il obligatoire ?

Le CSE est obligatoire dès que l’entreprise atteint le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs (C. trav., art. L. 2311-2).

3. CSE de moins de 50 salariés ou d’au moins 50 salariés : quelles différences ?

Le seuil de 50 salariés déclenche les attributions économiques du CSE et la gestion des activités sociales et culturelles (ASC). Concrètement :

  • CSE de 11 à 49 salariés : présentation des réclamations, contribution à la santé et à la sécurité au travail et exercice des droits d’alerte (C. trav., art. L. 2312-5).
  • CSE d’au moins 50 salariés : ajout de la personnalité civile, des consultations sur les grands projets de l’entreprise, des trois consultations récurrentes (C. trav., art. L. 2312-17), de la gestion des ASC, du recours possible à un expert et de deux budgets distincts.

4. Pourquoi devenir élu du CSE ?

Devenir membre du CSE permet d’être un acteur clé du dialogue social en entreprise. L’élu du CSE porte la voix des salariés, accède à des informations stratégiques via la BDESE (Base de Données Économiques, Sociales et Environnementales) et participe à l’amélioration des conditions de travail.

Le mandat offre également un statut de salarié protégé contre le licenciement et des droits à la formation.

5. Quelle est la différence entre un titulaire et un suppléant au CSE ?

Le titulaire et le suppléant n’ont pas le même rôle au sein du CSE. Le titulaire participe à toutes les réunions du CSE, dispose d’un droit de vote et d’un crédit d’heures de délégation.

Le suppléant n’assiste aux réunions qu’en cas d’absence du titulaire qu’il remplace (C. trav., art. L. 2314-1), sauf accord d’entreprise plus favorable.

6. La formation des élus du CSE est-elle obligatoire ?

Oui, le Code du travail prévoit des formations spécifiques pour permettre aux élus d’exercer leur mandat.

La formation santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) est obligatoire pour tous les élus : titulaires et suppléants (C. trav., art. L. 2315-18). Elle est intégralement financée par l’employeur.

La formation économique est ouverte aux titulaires élus pour la première fois dans les CSE d’au moins 50 salariés, et financée par le budget de fonctionnement du CSE (C. trav., art. L. 2315-63).

7. Pourquoi est-il important de former les élus du CSE ?

Former les élus, c’est leur donner les moyens d’exercer pleinement leur mandat.

Concrètement, la formation leur permet de comprendre le cadre juridique de leurs prérogatives (heures de délégation, droits d’alerte, consultations obligatoires), de lire et analyser les documents économiques et financiers de l’entreprise (BDESE, comptes annuels), de détecter les risques professionnels et de maîtriser le fonctionnement de l’instance (ordre du jour, procès-verbaux, négociation). Un élu formé est un élu qui pèse efficacement dans le dialogue social.

8. Un membre du CSE bénéficie-t-il d’une protection contre le licenciement ?

Oui, tout membre du CSE (titulaire ou suppléant) possède le statut de salarié protégé (C. trav., art. L. 2411-1). Cela signifie que l’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail sans l’autorisation préalable de l’inspection du travail (C. trav., art. L. 2411-5).

Cette protection s’applique pendant toute la durée du mandat et s’étend aux 6 mois suivant son expiration, afin de protéger l’ancien élu contre toute mesure de représailles liées à l’exercice de son mandat.

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